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Archive pour octobre 2007

L’huître

L’huître 

Avez-vous remarqué ? nous descendons du singe et aujourd’hui encore, de drôles de dénominations affectent la race humaine. Nous nous traitons de vache, de porc, de poule, d’âne. Et j’en passe. 

L’humour animalier nous conduit par exemple à rattacher la femme, quoique majestueusement mammifère, à la flore sous-marine. Désolée pour la bienséance, mais il est vrai que la connotation  est collante, iodée, visqueuse, de la famille des coquillages. 

D’une certaine façon donc la femme est une…. disons huître. Pour qui se hasarde à la conquérir et bien la connaître, il en a  plein les doigts, et toujours pas percé le mystère. Les huîtres s’ouvrent difficilement. Elles peuvent parfois se refermer un moment. Sous la protection de la coquille certaines femmes oublient le monde,  se reposent, se dorlotent. Grand bien leur fasse. 

On dit aussi  parfois des hommes qu’ils sont un peu ours, eh bien… si nos  ours (nos hommes) ne sont jamais assez tranquilles dans leurs cavernes, l’huître qui fait la gueule est scellée, têtue, c’est au couteau que vous arriverez à  bout d’elle. Les femmes aussi ont leur grotte à elles. Il y a des accidents. L’huître peut être coupante, très. Les rivalités ours – huître, çà saigne. 

Sortie de la coquille, la femelle court au vent. Et les hommes n’en peuvent plus de s’interroger. A chaque rencontre, le même questionnement  : cette fille, qu’ils viennent d’inviter à déjeuner, et celle-là, qu’ils emmènent au cinéma, sera t’elle fermée, ouverte, voire  plus rare…une perlière ? La pulsion la plus … terre à terre…n’empêche pas le goût de la perfection ! 

On connaît le procédé de fabrication de la perle. D’accord, gros trucage… Mais on peut rêver la trouver naturelle, dans la rue et par hasard ! En chaque homme sommeille un côté fleur bleue finalement. L’ordinaire longtemps ne retient pas l’attention du jeune garçon. Puis un jour l’éclat domine. C’est ELLE! Le bijou est là, il brille, l’homme pâlit, la vie est suspendue, l’amour est là et la perle pendue au cou vacille, émue, dans le petit creux entre les deux salières sous le cou. Il suffisait de l’avoir vue. Et cette façon de LA regarder fait toute la différence. Cette femme-là s’élève. ELLE, ce n’est pas comme les autres ! Les hommes cherchent leur joyau, donc. Et Marylin  nous a immortalisées croqueuses de diamants… 

Mais alors, peut-on en conclure que femmes ou hommes,  nous ne sommes sur ce point pas différents ? et que nous cherchons, eux comme nous, notre petit caillou scintillant au milieu de la foule pour l’aimer et le chérir une vie entière ? 

Oui, trois fois oui, sur ce point, oui, ralliement des deux sexes. 

Comment ne pas reconnaître toute l’humanité de cette espérance ? l’amertume et les déceptions amoureuses entachent les rêves. Parfois il faut les mettre en cartons pour ne plus les voir traîner, mais il suffit de les exhumer et le flux de vie revient sous la peau. Et alors ! L’adrénaline. Le sang de l’amour naissant. L’émotion. Pour une huître comme pour un ours.  Et  je veux penser que, malgré tous les quolibets animaliers,  chaque humain a cela de supérieur à l’animal qu’il avance pour tout cela, jusqu’au bout du bout. 

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